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À propos de Antoine Defassou

Antoine Fassou Loua, diplômé des lettres modernes,Enseignant Chercheur et Activiste bloggeur CS4FP+ est passionné des questions liées à la Santé Sexuelle et Reproductive des adolescents et jeunes et de la Planification Familiale. Originaire de la Guinée, il milite non seulement pour l'intégration de l'éducation sexuelle Complète dans les programmes scolaires en Guinée mais aussi d'informer ses pairs sur leurs droits en santé de la Reproduction. Il est le Chargé de communication du Réseau des Jeunes Ambassadeurs pour la SR-PF de la Guinée, mais aussi Coordinateur Pays de l'Alliance Internationale des Jeunes pour la Planification Familiale (IYAFP/GUINEE). Responsabilisé dans l'organisation des activités de sensibilisation et de renforcement des capacités, ainsi que des campagnes de mobilisation sociale visant à donner aux jeunes les moyens de faire un choix judicieux concernant leur bien-être sexuel.

Sept (7) obstacles qui freinent l’accès et le choix d’une contraception adaptée

Elle voulait éviter les grossesses rapprochées : mais que s’est-il passé ?

Alors que nous étions en train de célébrer la Journée Mondiale de la Contraception 2019, une jeune fille, Awa mère de deux enfants. Après nos prestations, elle fit une confidence : «  j’ai accouché de ma fille, il y’a un peu plus de douze (12) mois. Vu les circonstances conjugales, j’ai donc pensé à faire recours à la planification Familiale sans l’avis de mon mari. Une collègue m’a conseillé d’informer mon conjoint, selon elle mon mari devrait le savoir et il serait impliqué. Entre temps le paradoxe c’est que, mon mari est radical sur l’utilisation des méthodes contraceptives de planification familiale. J’ai 2 enfants et je suis de nouveau en état de famille. A-t-elle mal fait de me proposer cette idée ? » Awa, 30 ans (Guinée). Plusieurs obstacles freinent l’utilisation des méthodes contraceptives par les femmes. Non seulement par manque d’information et d’interprétation des réalités mais aussi par la non coopération des conjoints, comme Awa, plusieurs femmes sont souvent confrontées à des conditions insupportables face à leur santé de la reproduction.

Vous trouverez ici 7 obstacles qui freinent l’accès et le choix d’une contraception adaptée

1.      Les HommesUne Méthode traditionnelle

La décision primaire de l’utilisation des méthodes de contraception ne revient pas toujours aux femmes. Si les méthodes contraceptives modernes sont pour la plupart destinées aux femmes, les femmes mariées n’ont pas le pouvoir de décider. En Guinée l’approbation des hommes de la planification familiale est indispensable pour la hausse de la prévalence contraceptive. Comme d’ailleurs dans beaucoup d’autres pays d’Afrique de l’ouest, toutefois la Guinée incarne une culture nataliste, où les hommes accordent souvent de l’importance aux familles polygames avec de nombreux enfants. En dépit de campagnes visant à encourager l’implication des hommes dans la planification familiale, un plus grand effort de promotion de la discussion et de la pratique contraceptive est nécessaire parmi les hommes et les couples. Les hommes qui devraient être la solution, ils ne le sont pas, c’est plutôt eux qui interdisent leurs épouses à utiliser un quelconque produit contraceptif sur leur toit. Il faut impliquer et appliquer les hommes à la promotion des bonnes pratiques comme ‘’l’Ecole des Maris’’ un exemple de stratégie à encourager dans tous les pays de l’espace du Partenariat de Ouagadougou.

2.  Manque d’informations fiables :
En Guinée, la grande partie des informations liées à la pratique contraceptive circule de bouche à oreilles. Malgré l’existence des campagnes nationales de promotion des méthodes contraceptives organisées par l’Etat et des séances de mobilisation sociales Initiées par les organisations de la société civile qui militent pour le repositionnement de la planification Familiale. Force est de reconnaître qu’en réalité un nombre important de la population reste encore à couvrir en termes de  besoin non satisfait (26%) des femmes mariées. La plus part de ceux/celles qui ont entendu parler de la contraception, surtout des méthodes modernes résident qu’au niveau des villes.
Les sources d’information sur la planification familiale varient souvent du lieu de résidence.
En milieu urbain, une plus grande proportion déclare en avoir entendu parler des méthodes contraceptives à travers plusieurs sources. Par contre, il existe encore un manque d’harmonisation des actions de sensibilisation et de promotion des méthodes contraceptives car la plus part des actions sont centrées vers la capitale et certaines grandes ville de la Guinée. Il serait non seulement très important d’intensifier et d’harmoniser les actions de promotion des méthodes contraceptives vers les collectivités défavorisées, mais aussi de les inciter à se renseigner auprès des prestataires de santé.

3.  Le coût et l’accessibilité aux produits :

Les problèmes d’accès sont toujours un obstacle à l’utilisation des méthodes contraceptives, de près d’une femme sur 10 dans les milieux ruraux et dans les ménages plus démunis. Un cas illustratif récemment à N‘zérékoré, une ville située à plus de 1000 km de Conakry qui a connu une rupture de préservatifs. « Actuellement, il y a une rupture totale de préservatifs à N’zérékoré et le problème c’est partout, à la pharmacie centrale, à la direction préfectorale de la santé et même chez nous (AGBEF Ndlr), c’est le problème majeur. Donc, nous lançons un appel solennel au gouvernement de nous aider à avoir des préservatifs », a indiqué Hélène Kéléba, responsable de la planification familiale de l’AGBEF (Association Guinéenne pour le Bien Être Familial), mercredi 04 septembre 2019, au cours d’un entretien accordé à la rédaction de radio Espace Forêt. Poursuivant, elle dira qu’il y a une forte demande en ce moment notamment au niveau de sa structure. « Il y a beaucoup de demandes de préservatifs. Maintenant s’il n’y a pas de préservatifs, ça veut dire que la population juvénile est exposée », a-t-elle alerté.
Selon des spécialistes, cette situation risque de favoriser la propagation du VIH/Sida et d’autres maladies infectieuses. Mais aussi le prix du condom risque de connaître une hausse sur le marché.

4.  La Réticence :

Le choix de recourir à une pratique contraceptive peut être freiné par la réticence de certaines femmes à consulter un professionnel de santé parce qu’elles redoutent l’éventualité d’un examen gynécologique ou de questions que pourrait leur poser le professionnel de santé et qui relèvent de l’intime. C’est le cas de Binta, 23 ans comme toutes autres filles en Afrique de l’ouest.  « Depuis un bon moment, une collègue m’a parlé des pilules et autres méthodes. Mais ce qu’il faut savoir c’est que j’ai honte de parler de mes intimités à quelqu’un, même au médecin, c’est très difficile» a-t-elle dit. Peu d’entre elles aussi discutent de la pratique contraceptive avec leurs partenaires ou époux.

5.   Les pesanteurs religieuses :
Les textes sacrés de la religion chrétienne ne condamnent pas, ils n’interdisent non plus aux chrétiens l’utilisation des méthodes contraceptives. Selon plusieurs rapports islamiques sur la planification familiale, les imams affirment que l’islam est une religion qui tient compte de l’Homme dans tous les aspects.
Les religions n’interdisent pas la planification familiale, elles interpellent plutôt à la responsabilité des uns et des autres face à une décision d’avoir ou non des enfants. Par contre, l’interprétation de ces textes fait un paradoxe dans la communauté ce qui constitue une barrière pour les femmes d’utiliser les méthodes contraceptives. L’implication et l’appropriation des leaders religieux dans les séances de mobilisation et d’interprétation des textes afin de clarifier les valeurs pour le repositionnement de la Planification Familiale est incontournable.

6.  Les effets secondaires :

 « Quand j’ai utilisé l’implant pour la première fois, j’ai eu la nausée. Au cours de deux mois, j’ai pris du poids et mes menstrues n’étaient plus constantes. Lors du troisième mois , j’ai saigné presque pendant trois (3) semaines. J’ai donc eu très peurs, j’ai décidé d’arrêter. Du coup une collègue m’a même dit que ça pourrait causer la stérilité à la longue. »  Zénab, 26 ans.
Lors des consultations sur la contraception, les femmes doivent être pleinement informées des différents types de contraceptifs disponibles et des avantages, inconvénients et taux d’échec de chaque méthode. Il est aussi important d’informer adéquatement les femmes sur les effets secondaires potentiels et, le cas échéant, sur la façon de les gérer, ainsi que de leur donner l’occasion, au besoin, de changer de méthode. Les effets secondaires d’une méthode de contraception sont d’autant moins acceptés que le désir de grossesse. S’ils ne sont pas expliqués préalablement aux utilisatrices, ça risque d’être un véritable obstacle pour les nouvelles utilisatrices.

7.  Les rumeurs / les préjugés :   

« On m’a dit que quand on utilise les méthodes contraceptives modernes surtout  » n’na antibal »  (jargon soussou) qui signifie Implant, que cela provoque des complications et finalement l’on devient stérile à la fin ?» tel est l’inquiétude de Kadiatou, 23 ans célibataire et mère d’un enfant (Guinée).
De nos jours les rumeurs et les préjugés constituent un véritable frein à l’utilisation des méthodes contraceptive. Il faut noter que plusieurs femmes se posent cette question entre elles, mais elles n’arrivent pas à les poser aux spécialistes. Souvent beaucoup d’utilisatrices des méthodes contraceptives conçoivent en très peu de temps après avoir arrêté. Les contraceptions permettent à l’organe reproductif de se reposer pendant un moment voulu, et dès lors qu’on arrête, l’organisme reprend toutes ses fonctions immédiatement par contre, le retour à la fertilité varie d’une personne à une autre et d’une méthode à une autre. Il faut retenir qu’en dehors de la méthode définitive, toutes les autres méthodes sont réversibles.

Pour répondre à une telle urgence de la pratique contraceptive dans l’optique de repositionner la planification Familiale, et réduire le taux de mortalité maternelle et infantile, il faut une synergie d’action de toutes les parties prenantes œuvrant dans le cadre du repositionnement de la planification familiale. Ces actions, en plus de celles qui sont faites doivent être orientées dans un premier temps vers les axes de mobilisation sociale au niveau décentralisée c’est-à-dire vers les populations des collectivités locales. Dans un second temps, orientées vers les populations défavorisées, ces actions seront focalisées sur la clarification du mythe autour de la contraception. Ainsi cela permettrait de briser les obstacles qui freinent l’accès aux produits contraceptifs adaptés et de promouvoir l’utilisation des méthodes contraceptives pour une réduction importante du taux de besoins non satisfaits en termes de Planification Familiale chez les femmes dans l’espace du Partenariat de Ouagadougou.

    Antoine Fassou Loua,  Enseignant Chercheur, Jeune Ambassadeur pour la Santé de la Reproduction et la Planification Familiale (JA-SR/PF/GUINEE)

Equipop accompagne les jeunes féministes en Afrique de l’Ouest

L’ONG Equipop accompagne les jeunes féministes en Afrique de l’Ouest

« Amplifier la voix des mouvements des jeunes féministes en Afrique de l’Ouest ». C’est le thème de l’atelier régional sur le féminisme en Afrique de l’Ouest qui s’est tenu du 27 au 30 novembre 2018 à Ouagadougou (Burkina Faso). Organisé par Equipop, une ONG internationale qui a pour vision de construire un monde juste et durable dans lequel chacun et chacune réalise son potentiel en liberté. Cette rencontre a réuni 28 féministes venus de 8 pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal).

Une photo de famille avec les féministes. Photo : Equipop

Ces jeunes féministes ont assisté pendant quatre (4) jours de travail à plusieurs espaces de réflexion sur les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles individus en Afrique de l’Ouest. Ils ont aussi bénéficié d’un laboratoire d’incubation qui a permis d’identifier  4 actions principales qui seront réalisées au courant de l’année 2019. Ces différentes actions leur permettront de mener collectivement à bien des changements dans leurs pays respectifs afin de mieux se faire entendre.

 

Le féminisme étant une voie importante pour porter loin les messages, des argumentaires ont été développés et feront l’objet de plaidoyer lors de grands rendez-vous internationaux tels que le Women Deliver, la conférence sur la reconstruction du Fonds mondial, le G7… Ces plaidoyers seront axés sur l’accès à l’éducation pour tous, la participation au processus de prise de décision, le droit de chacun de disposer de son corps, le respect du genre dans les financements. Des positionnements et des actions communes ont été également identifiées pour influer sur le G7 de l’année prochaine ainsi que sur d’autres processus institutionnels. 

Aujourd’hui, de nombreux mouvements et organisations d’Afrique de l’Ouest sont en train de promouvoir les droits des femmes et des filles dans les domaines sociaux, politiques, sanitaires, juridiques et citoyens. Du coup, des voix jeunes émergent avec une énergie nouvelle pour participer à la construction d’une société plus juste, y compris dans le domaine des Droits de la Santé Sexuelle et Reproductive. Actives dans la rue et sur les réseaux sociaux, dénonçant les ravages des violences sexistes dans les journaux et intervenant dans l’intimité des familles pour empêcher le mariage ou l’excision de filles encore enfants, formant des jeunes au leadership et facilitant l’accès des adolescentes à l’information en matière de droits et santé sexuelle et reproductive, suscitant le dialogue avec les adultes, les hommes et les chefs religieux et traditionnels, les jeunes féministes sont sur tous les fronts pour faire bouger les lignes.

Œuvrer pour le respect des droits de la femme procure une grande satisfaction à Irmine Fleury Ayihounton. « J’ai le sentiment d’espoir que nous arriverons un jour à améliorer la situation des femmes en Afrique de l’Ouest. Mais cela ne sera possible que par une synergie d’actions et la création d’espace pour permettre aux féministes de se faire entendre ».

Présidente de l’association Jeunes Volontaires pour la Santé et propriétaire d’un blog qui se consacre à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles en Afrique et plus précisément au Bénin, elle va à la rencontre des femmes victimes de violences et leur offre une prise en charge psychologique, sociale et juridique. « Nous intervenons également sur les questions de violences faites aux femmes à travers des sensibilisations et des séances éducatives ».

La prochaine étape de cette réunion est la sélection et l’identification des champions pour défendre cette cause. Il s’agira également de mener des actions communes, mettre en œuvre les projets identifiés lors de la rencontre, participer aux différents rendez-vous et mener des actions innovantes. Les jeunes féministes ont aussi identifié au cours de l’atelier une série d’évènements au cours desquels la voix et les actions des féministes s’avèrent indispensables pour opérer un changement sur les conditions de vie des femmes en Afrique de l’Ouest. Finaliser ces projets et les exécuter ensemble est la prochaine étape. Un accent particulier sera mis sur l’utilisation des réseaux sociaux et des Tics. En outre, plusieurs messages clés ont été élaborés pour faire le plaidoyer.

Equipop a été créé en 1993 par des médecins et des journalistes afin de participer à l’amélioration des conditions de vie et du statut des femmes et des filles dans le monde.

Antoine Fassou Loua  

Quand les hommes constituent un obstacle à l’utilisation de la Contraception

Planification Familiale:

Quand les hommes constituent un obstacle à l’utilisation de la Contraception

Comme chaque année, nous participons au lancement des activités de la campagne nationale de la planification familiale. Pour cette édition spéciale de 2018, au cours de nos activités de sensibilisation pour la promotion des méthodes contraceptives modernes et de mobilisation vers les structures sanitaires ; j’ai rencontré une jeune dame dans la localité de Coyah, près de Conakry. Mariam, environs 20 ans à peine mère de 2 enfants apparemment très rapprochés mais la pauvre était encore enceinte de son troisième enfant. Fatiguée, abattue, et même désespérée,  je lisais dans ses yeux un avenir brisé et une ambition désactivée. Pour elle, notre présence ce jour dans leur quartier était un coup de soulagement. Dans son intervention, son mariage fut un véritable cauchemar auquel elle ne s’attendait jamais. « je n’en peux plus supporter, je suis fatiguée. Non seulement j’ai été victime d’un mariage précoce mais aujourd’hui je suis contrainte d’obéir à mon mari, de faire des enfants pour lui. Mon mari n’accorde pas d’importance au contrôle de notre fécondité. Pour lui c’est Dieu qui donne l’enfant, donc c’est pas l’homme qui doit l’empêcher à travers l’utilisation de la Contraception. Heureusement que vous êtes là, je crois que vous pouvez le faire changer d’avis » dit-elle.                               

En Guinée, bien qu’il existe plusieurs méthodes traditionnelles et modernes de Contraception permettant aux couples d’espacer leurs naissances, nombreuses sont les femmes qui ne maîtrisent pas parfaitement leurs cycles menstruels. D’autres par contre manifestent l’intérêt de l’utilisation de la Contraception, mais elles l’utilisent pas à cause non seulement de l’influence de leurs époux mais aussi celle des mœurs, des coutumes et des religions et surtout l’alphabétisme et la négligence. La Guinée ayant une population majoritairement analphabète (seulement 30% de la population savait lire en 2015), la population reste très réticente à la planification familiale, mais aussi à l’utilisation des méthodes contraceptives modernes. Dans les collectivités locales, à cause des préjugés et de certains effets secondaires, la Contraception est considérée comme un produit nuisible à la fécondité de la femme. Et c’est ce qui fait que peu de femme se planifie en Guinée. La réticence est une cause, mais le principal obstacle de la planification familiale reste et demeure le manque d’informations appropriées, la non responsabilisation et la non implication des hommes dans le processus, il faut mettre les hommes en avant.

Heureusement qu’il existe des organisations de la société civile qui œuvrent en faveur de la planification familiale en Guinée. L’Alliance Internationale des Jeunes pour la Planification Familiale en Guinée (IYAFP GUINÉE) à travers leurs activités en ligne et des émissions radio interactives permettent aux jeunes de s’informer sur les bonnes pratiques en matière de santé de la reproduction.
L’Association Guinéenne pour le bien-être familial (AGBEF) à travers ses centres jeunes et la BlueEcoute, mais aussi ses pairs éducateurs du Mouvement d’Action des Jeunes (MAJ) évoluent dans tout le pays tout en offrant un paquet de services adaptés aux besoins des jeunes.
Le Réseau Africain des Jeunes et Adolescents en Population et Développement (AfriYan Guinée) à travers leur campagne de promotion des méthodes contraceptives modernes chez les femmes de Conakry par exemple, sensibilise les femmes pour un choix judicieux de la planification familiale en Guinée.

Les Jeunes Ambassadeurs pour la Santé de reproduction et la Planification Familiale (JA-SR-PF GUINÉE), une initiative mise en place par IntraHealth à travers son projet CS4FP+ qui rentre dans le cadre du repositionnement de la Planification Familiale en Afrique de l’Ouest francophone, dont je suis le chargé de communication en Guinée, assument la vulgarisation des informations liées à la Santé Sexuelle et Reproductive des adolescents et jeunes et de la Planification Familiale à travers, des campagnes en ligne , des activités sur le terrain, des plaidoyers et d’autres activités via les médias sociaux afin de mieux responsabiliser les jeunes.
Activités de sensibilisation des JA-SR-PF GUINÉE

Au-delà de nos différentes activités de sensibilisation, nous menons aussi du plaidoyer auprès de toutes les parties prenantes de plusieurs niveaux pour non seulement la gratuité mais aussi pour une meilleure accessibilité des Jeunes et Adolescents aux produits contraceptifs et des services adaptés mais surtout le respect des engagements pris par le gouvernement.

Ces efforts ne pourront aboutir que si et seulement si chacun se sente concerné. Leaders d’opinion, les jeunes, les femmes, les décideurs politiques mais aussi les hommes doivent surtout prendre leur responsabilité afin de faciliter la tâche aux nouvelles utilisatrices qui manifestent un besoin non satisfait.

Une Méthode traditionnelle

Planification familiale, quel rôle jouent les hommes ?

Pour répondre à cette question, des interviews nous ont été accordées: Selon Mme Bangoura Bountouraby sage –femme au centre de santé de Matam, l’implication des hommes dans la planification familiale facilitera la pratique de la Planification Familiale aux femmes,  « on doit aller vers les hommes mener des actions concrètes en faveur des hommes afin d’obtenir leur adhésion. Cette action pourra nous aider à les faire comprendre des notions de base sur la sexualité humaine, le fonctionnement de l’appareil génital de la femme et de l’homme, la reproduction de l’espèce humaine, la planification familiale et l’importance de la contraception surtout moderne. L’homme assume une grande responsabilité dans l’équilibre du foyer et la décision de la taille de sa famille. Il faut que les choses changent », a-t-elle ajouté. Pour Dr Ferida Tata 2 Mara , l’implication des hommes dans la planification familiale est une démarche très importante dans la mesure où ils pourront nous aider à relever la prévalence contraceptive dans notre pays.  « Mais ce sont les hommes eux-mêmes qui refusent de s’impliquer dans la planification familiale. Ils ne veulent pas que leurs femmes se planifient alors que la planification familiale ne veut pas dire qu’on ne doit pas faire d’enfants, il suffit juste d’espacer les naissances pour permettre à la femme de se reposer afin de pouvoir récupérer sa forme, mais malheureusement il y a des hommes qui ne comprennent pas  » conclut-elle. 

Pendant cette phase d’accélération, il faut que :  

  • Les hommes soient pris en compte totalement tout en les responsabilisant pour accompagner et faciliter la tâche à leurs épouses;                                      
  • Les gouvernements respectent les engagements pris en faveur du repositionnement de la Planification Familiale ce qui pourrait nous faciliter la capture du dividende démographique;
  • Les leaders religieux et communautaires brisent les tabous et les préjugés qui freinent l’utilisation maximale des méthodes contraceptives modernes;  
  • Les partenaires techniques et financiers multiplient  le soutien et l’accompagnement des programmes en faveur de la planification familiale pour une synergie en vue de pérenniser les actions  etc. 

Il faut noter que la planification familiale n’est pas nuisible à la fécondité ni à la santé de l’Homme mais un programme à suivre pour pouvoir contrôler sa fécondité. Elle est l’un des programmes de développement qui a le plus contribué à la lutte contre la pauvreté. Les avantages de la PF se font sentir à tous les niveaux : individuel, familial, communautaire, national et même mondial. Les programmes de Planification Familiale constituent l’un des éléments essentiels des interventions de développement qui ont pour but de réaliser un équilibre harmonieux entre la croissance démographique et les ressources disponibles, afin d’optimaliser les perspectives d’avenir et le développement socioéconomique des populations. Elle améliore surtout la qualité de la vie, tout en diminuant la mortalité infantile. Autrement dit, l’accès de la femme à la Planification Familiale (PF) peut être considéré comme un moyen de donner aux couples un plus grand choix de définir le nombre de leurs enfants en procédant à l’espacement des naissances.

 

La Contraception est elle une identité sexuelle des jeunes et adolescents ?

1-La Contraception, une identité sexuelle de la jeunesse ou un cauchemar ?
La Contraception étant l’ensemble des moyens permettant à empêcher la conception. De nos jours nombreux sont des parents intellectuels qui s’interrogent et s’intéressent sur la sexualité de leurs Ados.
Lors d’un entretien , Madame Camara Foulematou Conde, enseignante au Groupe Scolaire Oprah Winfrey nous confie ceci:
« Pour nous parents, nos enfants restent toujours nos « bébés ». Mais il ne faut pas oublier qu’ils grandissent souvent plus vite qu’on ne le pense et qu’il est aussi de notre responsabilité d’aborder avec eux des domaines que l’on considère encore trop souvent comme « tabou », la sexualité, la contraception.. »
2-Quelles méthodes de contraceptions adaptées aux jeunes ?

Dans cette interview Madame Hawa Camara, Responsable de la Communication du Centre Jeunes « BlueEcoute » de l’AGBEF nous donne ses points de vue:
« Il existe aujourd’hui différentes méthodes de contraception. Il faut proposer à une jeune fille des méthodes sûres mais aussi relativement simples à mettre en pratique, car elle connaît encore mal son corps. Parmi les différentes méthodes contraceptives existantes, deux sont plus adaptées aux jeunes filles : le préservatif et la pilule
En effet,le préservatif devrait donc être la première contraception, associé à une prise de pilule du lendemain en cas de mauvaise utilisation du préservatif. Néanmoins, il faudra rapidement, si ses rapports sexuels sont réguliers, opter pour la pilule. La pilule peut être prise dès la première année des règles, si cela est nécessaire, et ne modifie ni la croissance ni la mise en place du mécanisme ovulation.
Je vous mets en garde, N’oublions pas les DIU ! Ils peuvent tout à fait être posés à une femme jeune et/ou nullipare, et surtout une fois en place, pas de problème d’oubli, ou de mauvaise utilisation,idem pour l’implant. Ces méthodes sont les plus efficaces en pratique, et peuvent être plus adaptées qu’une pilule à prendre tous les jours et à des heures fixes. »

Selon Cécé Jonas Haba , Président
des Jeunes Ambassadeurs SR-PF GUINÉE

« La protection contre une grossesse non-désirée est aussi notre affaire en tant que jeune sexuellement actif,nous devons donc en permanence avoir sur nous un préservatif.IL est notre identité sexuelle, c’est la seule méthode qui lutte contre les IST et les GND. D’ailleurs Comme j’aime bien le dire, Pas un Pas Sans le Préservatif.
Bien que le préservatif soit très convoité à travers son utilité à double protection, et facile à avoir sans aucune ordonnance, il existe un bon nombre de jeunes qui pour eux le latex utilisé dans la fabrication des préservatifs peut être une source d’allergie. Les rougeurs, les petits boutons, les irritations et démangeaisons sont des signes qui ne trompent pas. Évoquons ces problèmes avant même de savoir si c’est le cas de votre camarade. Cela lui évitera de confondre ces problèmes avec une MST (maladie sexuellement transmissible). Parlez-en à un médecin, qui pourra lui donner des conseils et lui proposer des préservatifs hypoallergéniques ou orientez-le vers un centre adapté aux besoins des jeunes, comme le centre exemplaire « BlueEcoute »  du Mouvement d’Action des Jeunes. Signalez-lui également que le préservatif doit être ôté avant que l’érection ne retombe et que surtout il doit être jeté, car il est à usage unique. Dans tous les cas, informez-le tout en respectant sa pudeur. Un garçon peut être gêné d’en discuter avec son père (ne parlons même pas de sa mère !). En revanche, un grand frère, un oncle qui n’est pas trop éloigné en âge ou un ami peuvent devenir des mentors précieux pour nos questions liées notre santé sexuelle. »

La contraception idéale pour les jeunes est le préservatif, il assure une double protection, non seulement les infections sexuellement transmissibles, les  grossesses non désirées mais aussi l’espacement des naissances pour ceux  qui sont en couples.

 

Comprehensive Sexuality Education in Guinea and its importance from an early age

Comprehensive sexuality education (CSE) is a sex education approach that focuses not only on the reproductive aspects of sexuality, but also on the emotional and social aspects that young people need to determine their sexuality and thrive in their lives. CSE sees sexuality in a holistic way and in the context of emotional and social development and considers young people as sexual beings. The most recent national health survey carried out by the DHS program in Guinea has shown some severe issues which highlight young people’s need for good quality sexuality education. For example:

63% of girls get married before the age of 18
More than a quarter (26%) of adolescent girls are mothers
90.6% of adolescent girls have undergone female genital mutilation (FGM)
The rate of HIV/AIDS is 50 times higher for girls than for boys
More than a quarter (26.5%) of girls (aged 10-24) have experienced violence
More than a quarter (26.1%) of adolescents and young people (aged 10-24) are out of school

Indeed, despite the efforts made, sexuality remains a taboo subject for us in Guinea, because it is influenced by religions and customs, which creates reluctance, fear and refusal of information for young people, some of whom are already sexually active. Young people and adolescents still do not receive adequate services tailored to their sexual and reproductive health needs. Most families in Guinea do not dare to talk about sex at home. We must intensify the information in order to reach the most remote and disadvantaged corners of our communities. For full sexuality education to be achieved, it is necessary that everyone in the family participates and plays a role. This should challenge the Guinean state, technical and financial partners and all stakeholders to act quickly by intervening in favour of CSE in order to reduce the risks for young people and adolescents.

I want to see my peers live fulfilled and responsible lives, through the provision of comprehensive sexuality education in school or extra-curricular (for example through parent-child dialogue). I want to see young people living in rural areas enjoy the same benefits in terms of information and intervention on sexual and reproductive health. I want to see young leaders involved in making decisions about youth access to CSE, because doing something for young people without young people is against young people. I hope that the integration of comprehensive sexuality education in training curricula, and sharing awareness through social media will be a considerable asset for young people in school. For young people out of school I hope to see regularly organized communication activities through educational talks, door-to-door sensitization, and daily media spots in national languages, while involving religious and community leaders. Thus, it is important to start CSE at an early age because it is the only way for the child to know and control their own body, and, as the UNESCO International Technical Guidance shows; to delay first sexual intercourse, to reduce risk-taking and increase use of condoms and contraception, to reduce the frequency of sexual intercourse and the number of sexual partners among young people.

I think that parents have a really important role to play in youth access to CSE in and outside of school. In short, parents must absolutely respond to their children’s questions in a natural way. Although they should receive sex education in school, home education should not be missed because it is also important. If neither school nor parents talk about sex education to young people and adolescents, the situation will be deplorable. They are an essential point of contact and if they are well informed, they will be able to facilitate this process.

Antoine Fassou Loua – Young Peer Educator at Association Guinéenne pour le Bien-Etre Familial, IPPF member association in Guinea.

Quelle est la perception des religions sur la Contraception ?

La Contraception serait-elle  un sujet qui divise les religions ?

La contraception, c’est l’ensemble des méthodes qui permettent d’éviter une grossesse. Il en existe de nombreuses. De nos jours la sous information fait d’elle l’objet de plusieurs préjugés or elle reste et demeure un  moyen incontournable pour atteindre la capture du dividende démographique.

Pour maîtriser leur fertilité, les femmes disposent aujourd’hui de plusieurs moyens contraceptifs : pilule, spermicides, injectable, implant, stérilet…

Une contraception moderne
Un DIU ou  » dispositif intra-utérin  » est un moyen de contraception inséré dans l’utérus par un professionnel de santé. Le DIU est couramment appelé « stérilet  » mais ce terme devrait être remplacé car un DIU ne rend pas stérile. C’est un dispositif contraceptif, en forme de « T » qui mesure 3.5 cm de long.

Chacune doit pouvoir trouver une contraception adaptée à sa vie, une contraception qui lui convient.

Voici uelques perceptions  de certaines religions sur la Contraception 

La religion étant un élément important dans la vie de plusieurs personnes par contre elle influence la prise de décision quant à l’acceptation ou pas de ces moyens de contraception. Cette dernière devient de nos jours, un élément de division des religions.

Pour le  Christianisme

Le christianisme s’est déclaré en général contre la contraception, cependant  presque 2 000 ans. L’église considère la contraception comme une pratique immorale, encourageant les hommes à une vie immorale et non conforme à l’éthique chrétienne.
Néanmoins, la contraception est acceptée dans le cadre du mariage par certaines églises chrétiennes . Avec l’évolution des mœurs, certaines églises chrétiennes autorisent actuellement l’utilisation de la contraception et en appellent à la conscience des conjoints : un couple est responsable de sa fécondité.

Pour l’islam

L’islam interdit le sexe hors du mariage et la plupart des autorités religieuses islamiques à l’exception des plus conservatrices, acceptent l’usage des contraceptifs pour les couples mariés. A ce niveau également, la conscience des conjoints est de mise quant au choix à faire.

Pour le judaïsme

Les courants du Judaïsme ont une appréciation différente de la contraception. La contraception est explicitement autorisée dans certaines circonstances. Pour le judaïsme, l’homme ne doit pas « gaspiller sa semence ». Les méthodes barrières particulièrement (le préservatif)  sont donc déconsidérées au profit de la pilule.

Un point commun :

l’espacement des naissances ou espacer les grossesses est une notion communément acceptée dans toutes les communautés. Ceci implique une forme de contraception, qu’elle soit naturelle ou artificielle.
Les méthodes dites naturelles sont l’abstinence, le coït interrompu, et le calcul du cycle menstruel. La contraception artificielle inclut les contraceptifs hormonaux, les préservatifs, le stérilet …

Regardons le mode d’utilisation du condom féminin

Il sied de noter que la contraception naturelle n’est toujours pas fiable. Elle présente un risque de contraction d’une grossesse.

Une Méthode traditionnelle
Le collier est aussi une méthode naturelle ou traditionnelle qui consiste à compter les jours du cycle menstruel.

Par contre, la contraception moderne est fiable et ne présente pas de danger.

Contraceptions d'urgence
Les pilules sont en grande partie une des méthodes contraceptives d’urgence.

Comment mettre un préservatif masculin

Pour avoir beaucoup plus d’informations sur ce sujet rendez-vous sur les sites suivants :

http://mafamilleplanifiee.org

http://ippf.org

Rendez-vous au centre jeunes de la  BleuEcoute pour bénéficier des prestations services PF

Tel : +224 654087587 (Bleue zone Kaloum)

Ou contactez les jeunes Ambassadeurs pour la Planification Familiale de la Guinée

Tel : +224 620185853

+224 662487818

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La place des hommes dans la PF

La planification Familiale,c'est ma fille qui décide
La PF c’est une Affaire de couple.

QUELLE PLACE POUR LES HOMMES DANS LA PLANIFICATION FAMILIALE ? 

Les maris jouent un rôle crucial mais aussi très important sur le choix concernant l’espacement, l’utilisation de la planification familiale et ses services. Pendant une activité très récente que nous avions menée en faveur de la PF, un jeune de 23 ans, père d’un bébé de 13 mois  sous anonymat nous a confié ceci :

<< Nous avions été victimes d’une grossesse non désirée ma petite amie et moi. C’est après plusieurs moments de souffrances, de peines, de réflexions et de lamentation que nous sommes devenus père et mère de famille à notre jeune âge. Si ce n’était pas les conseils d’un ami pair éducateur mais aussi très engagé dans la promotion de la PF, nous serions de nos jours à notre deuxième ou troisième geste. Au départ ma chère épouse ne voulait pas, mais vue l’envergure de notre situation, moi même je me suis mis devant. C’est comme cela nous avions choisit une méthode qui nous convient le mieux possible. Aujourd’hui si nous sommes tranquille c’est grâce aux biens faits de la planification familiale. Je lance un appel solennel aux hommes de s’impliquer activement dans l’utilisation de la PF  car ils ont un impacte positif  dans sa promotion et l’utilisation de ses services .>> 

                        La pratique de l’espacement sain des grossesses:

l’espacement des grossesses se rapporte à des actions qui aident les femmes et les familles à retarder, espacer ou limiter leurs grossesses en vue d’obtenir les meilleurs résultats possibles pour la santé de la mère et pour celle de l’enfant. La décision d’espacer devrait être basée sur des choix informés et libres de méthodes de PF tenant surtout compte de l’implication des maris.

                   Pour les femmes et familles qui désirent avoir un autre enfant:

Attendez au moins 24 mois après une naissance vivante avant d’essayer de retomber enceinte pour le bien être des mères et des bébés. Utilisez sans interruption une méthode de planification familiale pour au moins 2 ans après votre dernier accouchement avant d’essayer de retomber enceinte. 

                 Pour les femmes et familles qui ont atteint la taille de famille idéale: 

Utiliser sans interruption une méthode de planification familiale pour empêcher de retomber enceinte.

Voici un message que les Agents Communautaires utilisent lors des counseling durant la grossesse  en Bangladesh :

<< Mères, il est important pour et votre votre famille d’espacer les naissances de vos enfants. Attendez que votre dernier-né ait l’âge de 2 ans avant de retomber enceint. Votre corps sera plus  fort pour bien prendre soin de votre bébé   >> 

Pour avoir des informations sur la planification familiale suivez ce lien http://mafamilleplanifiee.org